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Des textes, des réflexions, des expériences

Des mots pour mettre en lumière ce qui nous traverse, ce qui nous relie, ce qui nous transforme. Ici, je partage des écrits issus de ma pratique, de mes rencontres et de mes recherches intérieures.

Article à la une

Rencontre

Il a plu. La porte est ouverte. La menthe, éloignée du romarin, reprend vie. En bas, les moineaux piaillent à la terrasse du café. Un enfant traverse la place en trottinette. Il fait doux. C’est un samedi après-midi. Un samedi de juillet. Je trie des notes. Sur un fragment de papier, Krishnamurti. « En chacun d’entre nous repose le monde entier et si vous savez comment regarder et apprendre, alors la porte est devant vous et vous en possédez la clé. Personne sur terre ne peut vous donner ni la clé ni la porte à ouvrir, excepté vous-mêmes. » (You are the world) Une clé ? Une porte à ouvrir ? Pour aller où ? Pour découvrir quoi ? Quel étrange destin que celui des humains. Souvent toute une vie à la recherche de chemins qui mènent à la Source que l’on n’a jamais quittée. Ah ! Le regard des nouveau-nés ! Le regard de « ceux qui savent encore » a dit je ne sais plus qui. L’emprunte, le souvenir encore présent qui s’estompera peu à peu. A l’instant de la conception, il y a cette émergence d’un nouvel être, une précipitation dans le temps, l’espace, la matière. Pseudo-coupure brutale avec la Source. Changement de milieu. Passage d’un possible, d’un potentiel, à une manifestation précise. La coupure entre les deux mondes existe-t-elle ? Quelle est la nature de la clé qui va permettre d’ouvrir la porte ? Est-il possible de retrouver, de percevoir le lien, la non-séparation ? Serait-ce, sur le plan de la conscience individuelle, le but ultime d’une vie humaine ? Lorsque nous parlons de métamorphose, de transformation, de quoi parlons-nous ? Nous disons : « Lorsqu’il y a métamorphose, le regard porté sur le monde se transforme. » La chenille ne peut échapper au mouvement qui la conduit vers le papillon. Ce même dynamisme nous pousserait-il, de transformation en transformation, de porte en porte, vers un retour conscient à la Source ? « Personne sur terre ne peut vous donner ni la clé ni la porte à ouvrir excepté vous-mêmes. » Mais serait-il possible d’apprendre à apprendre ? D’apprendre à regarder ? D’apprendre à être ? La métamorphose, la transformation implique la notion d’environnement. Autour de nous, pour une chenille, cet environnement sera le cocon, pour une graine, la terre. Pour l’être humain que nous sommes, une forme d’environnement particulièrement adéquat sera présente lors d’une séance où aucune direction donnée ne vient perturber le dynamisme de la Force de vie. Gaston Saint-Pierre encourageait à tout questionner, à ne rien laisser au repos. Bel exercice qui me pousse avec humour à me demander, après 35 ans de pratique : « Mais qu’est-ce qu’une séance de Métamorphose ? » Posés sur la balustrade du balcon, deux moineaux sont témoins du vide confus qui envahit mon cerveau. Trop d’éléments se précipitent en même temps, s’entremêlent, se tissent. Cerveau droit et cerveau gauche vont devoir collaborer ! Combiner la linéarité du mot à mot avec la globalité de l’information. Qu’est-ce qu’une séance de Métamorphose ?  Une rencontre. Une rencontre sur différents plans. Rencontre de deux personnes. (de soi et de soi si on se donne une séance) Rencontre de deux champs énergétiques. Rencontre dans un espace catalyseur (aucune direction donnée, aucun programme, aucune attente). Grâce à cette qualité d’espace, à cet environnement, rencontre entre le manifesté et le non-manifesté, entre les notions de « dans le temps, l’espace, la matière » et « hors temps, espace, matière ». Rencontre entre « qui est la personne en ce moment » et « ce qu’elle est en potentiel ». Rencontre entre l’essence et comment cette essence se manifeste aujourd’hui. Une petite voix me dit en se moquant gentiment : « Tu vas où l’amie comme ça ? Tu pourrais être plus concrète ? » Je vais boire un verre d’eau. Une mouche se balade sur la vitre. Les nuages sont magnifiques. Ce matin, il y a eu le marché, les fruits, le pain, les gens. La guerre, la peur, la faim aux infos, mais aussi les joies, les regards, un geste de la main. Ces manifestations de la Vie qui s’incarne de toutes les façons possibles. « En chacun de nous repose le monde entier. » Et chacun.e d’entre nous incarne la Vie d’une façon unique. J’incarne la Vie d’une façon unique. Ai-je une responsabilité ? Je peux vivre cette vie sans me poser de questions, comme la chenille, comme la graine. Un processus de transformation sera à l’œuvre sur un certain plan, de la conception à la mort. Je peux manger, boire, dormir, me reproduire, défendre mon territoire, les valeurs de mon clan etc… Je, je, je … Mais quelle est la nature de ce « Je » ? De quoi est-il l’expression ? L’être humain a cette particularité d’être conscient qu’il est conscient. C’est-à-dire que son esprit est capable de réflexivité. Il peut dire : je suis triste, je suis heureux, j’ai mal à la tête… Il est capable d’abstraction, de créer et d’utiliser des symboles. Notre fonction mentale est complexe, les neurosciences soulèvent lentement le voile. Tenons-nous en à une description très simple, à deux aspects de notre fonction mentale, ce que je nomme l’aspect contrôleur et l’aspect passeur-traducteur. Le contrôleur est complètement immergé dans le manifesté, dans la matière. Il va s’occuper du quotidien matériel, émotionnel. Il travaille dans la linéarité : il analyse, cherche les causes. Il va trier, classer les informations, gérer, en somme. Il n’aime pas ce qui dérange ses habitudes. Il se méfie de l’inconnu. Or, une métamorphose, c’est une plongée dans l’inconnu ! Le passeur-traducteur est un pont en lien avec le non-manifesté, le monde des potentiels. Il baigne dans la globalité : il reçoit les flashs, les intuitions, il perçoit les synchronicités. Il est ouvert à l’inconnu. Nous n’échappons ni à l’un, ni à l’autre. Et nous avons besoin des deux. Ils sont liés, tissés comme les deux brins d’ADN. Le passeur reçoit l’information, le contrôleur l’intègre dans la matière du mieux qu’il peut, avec plus ou moins de réticence. En général, lorsque l’on parle du mental, on se réfère au contrôleur qui prend trop de place et qui freine. Alors ce « je », où se situe-t-il ? De quoi est-il l’expression ? Serait-il la manifestation de ce jeu mental ? Surgissait la question : ai-je une responsabilité ? Dès qu’il y a perception, conscience de la danse entre qui je suis et ce que je suis en potentiel, OUI, il y a responsabilité. Je ne peux plus ignorer ce dynamisme qui conduit la forme que je suis vers son expression la plus complète. Ma responsabilité est d’aller avec en conscience. Freiner le moins possible. L’image du tissu, du tissage m’habite. Cette métaphore me permet une vision de la Source qui danse, joue, s’exprime, se manifeste aussi bien dans le monde de tous les potentiels que dans le monde du manifesté. La Source s’amuse, elle est arbre, humain, joie, peur, granit, galaxie etc… Le monde des potentiels, du non-manifesté est la matrice universelle qui contient tous les possibles. Le monde de notre essence, de notre note « Mère ». Cette note chantant à chaque instant d’une façon précise, reflétant notre niveau de conscience du moment. Lorsqu’il y a métamorphose, une nouvelle harmonique se manifesterait-elle ? Ma responsabilité, en tant qu’être conscient d’être conscient serait-elle en relation avec une décision d’être vraiment présente, d’être enracinée complètement dans cette vie ? Ne pas freiner le dynamisme qui me conduit vers… Être comme une algue au fond de la mer, enracinée tout en étant bercée par la vague. « Apprendre à apprendre, apprendre à regarder » Une nouvelle fois, je suis émerveillée par le cadeau que nous a fait Gaston Saint-Pierre : sa définition du détachement dans la pratique. Noter les faits, reconnaître leur présence, les laisser être. * (Souvenons-nous, dans ce contexte, un fait est toute perception intérieure ou extérieure, donc un fait sera subjectif et légitime) Tout ce que je vis serait-il au service du processus d’incarnation ? Non, je ne peux plus ignorer ce dynamisme qui conduit la forme que je suis vers son expression la plus complète. « Plus tu plongeras loin dans le temps, l’espace, la matière, plus l’élan sera fort vers la Source » me souffle la petite voix taquine. Cette fois, ce n’est pas moi qui ne suis pas très concrète… La Vie me propose sans cesse des situations (vécues comme agréables et/ou difficiles) que je percevrais selon mon niveau de conscience, ces perceptions, donc mes faits, seront notées, reconnues, laissées être. « Laisser être » mystérieux sésame. Détachement, matrice d’amour. Le cœur s’emballe. Mariage entre ce que je suis dans l’instant et ce que je suis en potentiel. Processus alchimique. Le cordon ombilical avec la Source est non seulement perçu mais aussi accepté. Le contrôleur devient curieux, abandonne peu à peu ses craintes face au nouveau. C’est comme s’il devenait de plus en plus léger, de plus en plus aérien, permettant une forme de présence dense, si dense. Ok dit la petite voix, mais qu’en est-il de la personne qui demande une séance et qui ne s’est pas posé toutes ces questions ? Elle demande. Inconsciemment, elle recherche une qualité d’environnement, une part d’elle ne veut plus mettre de frein. Le dynamisme l’habite et la pousse. Il nous habite et nous pousse avec persévérance, sans relâche.   Il est 18 heures. Les olives, le fromage, le vin, tout est prêt. Les amis arrivent bientôt. Il y a gratitude.   *Définition du détachement : p 32-34 dans « métamorphose, principes universels » Janick Noverraz, Editions Aluna   Juillet 2025

Derniers articles

8 décembre 2022

Que « fait » la terre ?

La pratique de la métamorphose n’est pas une thérapie. Elle échappe donc à une classique description scientifique. Alors comment en parler ? Derrière cette pratique, il y a l’intérêt pour la notion de transformation. Non dans le sens d’évolution mais dans le sens de révélation de quelque chose qui est déjà là. La rencontre avec l’essence. Mon regard suit cette graine de pissenlit portée par le vent… Une graine légère, harmonieuse, parfaite… Pourtant, elle peut devenir autre chose, une plante bien précise déjà inscrite au sein de ses cellules.  Pour que cela se produise deux conditions sont nécessaires : la graine doit être vivante et elle doit rencontrer un environnement adéquat, la terre. Dans cette rencontre, que « fait » la terre ? La terre est présente mais n’a aucun projet, aucune intention vis-à-vis de la graine. Le praticien est la terre: en établissant un contact du bout des doigts avec certaines parties du corps, il sert d’environnement. Il n’a aucun projet, aucune attente. Il sait que la direction est déjà là, au sein des cellules de la personne et que la force de vie de cette personne, guidée par son intelligence innée est seule à même de mener à la transformation. Le praticien est la terre, cette métaphore va permettre au mental de ne pas s’égarer, de rester simple, de revenir facilement vers l’essence de cette approche tout en restant conscient de la complexité infinie de la Vie. Quel est le rôle d’une métaphore ? Montrer une porte, une entrée possible vers l’inconnu. J’aimerais citer David Bohm : « Cet usage caractéristique du mot « est » pour réunir des choses si différentes ou même incompatibles semble au premier abord engendrer un paradoxe … La première impression que procure la mise en équation poétique de deux termes très différents est une sorte de tension, de vibration intellectuelle, un état élevé d’énergie où se produit de façon non verbale une perception créatrice du sens de la métaphore. » (« La conscience et l’univers » p 36) Parler de l’essence, c’est flirter avec la notion de sacré. Quels mots utiliser ? Les mots créent, les mots séparent, ils ouvrent ou ils ferment, « ça » flue ou « ça » se fige. Avec cette approche, nous explorons les frontières dualité-unité. Les physiciens explorent eux aussi les frontières de notre représentation du monde. Ils rencontrent les mêmes problèmes de langage. J’aime citer Niels Bohr : « Nous devons nous rendre compte que nous ne pouvons-nous servir ici que du langage à la manière des poètes. » Ou l’astrophysicien Michel Cassé : « Ces mots -trou noir etc…- ne veulent rien dire. Ils procèdent de très vagues analogies. Mais il faut bien parler, écrire avec des mots, même si ces mots sont limités et inexacts. » Donc, les mots sont nécessaires. Les analogies, les métaphores. Les physiciens ont les mathématiques à leur disposition pour partager leurs ultimes intuitions. C’est à dire le monde des symboles, domaine du Principe de la Correspondance. Et puisqu’il faut bien quelquefois non seulement pratiquer mais parler, nous, nous avons le langage des poètes, c’est à dire aussi le monde des symboles, domaine du Principe de la Correspondance. Lorsque j’ai votre pied entre mes mains, je suis simplement la terre présente.

7 décembre 2022

Questionnement

Un questionnement multiple m’a été récemment proposé : Quel sens donné à la pratique ? L’enseignement de la philosophie de la métamorphose, de son application au quotidien, n’est-ce pas un enseignement du lâcher prise ? Je pense qu’on peut aller seul vers cet état avec l’appui ou non de cette philosophie, d’où l’enseignement de l’autonomie en quelque sorte. Je remercie vivement cette personne car, d’une part, répondre m’a demandé de trouver les mots qui traduisent le plus fidèlement ce que je ressens au plus profond de moi, de mes cellules et d’autre part, ces questions ont permis un riche échange au cours d’une rencontre de groupe par rapport à la première partie du questionnement. Le sens de la pratique Ce qui nous intéresse dans cette approche est la métamorphose, la transformation. Rappelons-nous : la métamorphose est un mouvement de vie à l’intérieur d’un dynamisme précis. Ce mouvement est ordonné, naturel, inconscient, il ne demande aucun effort. Immédiatement, nous sommes confrontés à la notion d’environnement. Si nous avons en tête l’image de la chenille, l’environnement nécessaire à sa métamorphose sera la chrysalide, pour le gland, ce sera la terre, pour nous, la métamorphose, concernant notre conscience, l’environnement nécessaire sera l’espace sans direction donnée. Une séance est donc un moment privilégié où un environnement adéquat est à disposition. Quand je demande une séance, j’éprouve la nécessité d’être plongée dans cette qualité d’environnement ; quand je donne une séance, le détachement (noter les faits, les reconnaître, les laisser être) m’y fait plonger aussi. Une séance est un moment privilégié où l’on s’offre l’opportunité de s’ouvrir à l’inconnu, au mystère. Donner une séance, c’est accomplir un rituel. Un rituel, tout comme un symbole, est un lien, un pont entre deux dimensions. Un rituel est un processus qui englobe des gestes et une focalisation du mental. Aussi, lorsque je donne une séance, je n’ai pas l’impression de devoir « faire quelque chose avec quelqu’un », c’est plutôt, une communion avec la Vie. Cette sensation s’accentue au fur et à mesure que ma compréhension du Principe de la Correspondance s’affine. Bien sûr, cette opportunité, je me la donne chaque fois que je reste avec mes propres faits dans la vie quotidienne, mais j’éprouve le besoin, régulièrement, de recevoir des séances (je rappelle qu’on peut s’en donner soi-même) car plus j’avance dans le temps, plus je sens à quel point le corps est important. Comme si cette concentration de matière qu’il semble être, permettait de plonger au plus profond du mystère. Le toucher apporte une dimension, à mes yeux, essentielle : il nous connecte au ressenti, au cerveau droit, au féminin, au global ; sans le toucher, l’abstrait, la recherche mentale prendrait rapidement le dessus. Laisser son pied à quelqu’un ou recevoir le pied de quelqu’un, dans ce contexte, il y a une sensation particulière, comme si, dans cet espace sans direction imposée, la non-séparation devenait proche d’être perçue. Effleurer dans le détachement (j’insiste toujours : selon la définition de Gaston Saint-Pierre), permet, à mon sens, d’être conscient de la spiritualisation de la matière et de la matérialisation de l’esprit, ce grand jeu entre manifesté et non-manifesté. Le lâcher prise A travers cette approche, nous contactons en effet ce qu’on appelle le « lâcher prise » mais ce n’est qu’une petite partie du phénomène, la partie qui concerne le mental, c’est le « laisser » de la définition du détachement. Au-delà il y a « être » qui permet au potentiel de se manifester. Nous sommes dans le non-agir qui n’est pas ne rien faire. Aller seul vers cet état Peut-on parler ici d’un état ? Le mot « état » implique quelque chose de statique. Or, dans cette notion de métamorphose, il y a le Souffle de la vie qui nous pousse vers la découverte de notre essence. Inviter le mental à rester à sa place est une façon d’être. La pratique du détachement : noter un fait, le reconnaître, le laisser être, devient un art de vivre. Il y a cet incroyable dynamisme au coeur des deux verbes laisser et être. Être qui nous relie dans la verticalité au monde des potentiels, de l’unité. Et c’est cette reliance qui s’installe très fortement au cours des années. Plus cette reliance est perçue, moins le mental est inquiet, plus il devient curieux. Quelle est la place de l’autonomie dans cette approche ? D’abord, c’est la seule autorité reconnue, l’autonomie de la personne. Aller, fluer avec ce mouvement qui nous pousse, à travers les métamorphoses successives, vers l’être complètement réalisé que nous sommes déjà en potentiel, est de notre seule responsabilité. Lorsque je demande une séance, est-ce que j’abandonne mon autonomie ? Non, mais quelque chose en moi cherche une qualité d’environnement où justement, cette autonomie, cette autorité intérieure pourra se déployer en toute liberté. Et « JE » peux me donner une séance ! Et n’oublions pas, lorsque je donne une séance, étant dans le détachement, je profite aussi de cet espace si spécial. Ce « bain d’espace » peut peut-être se vivre dans d’autres circonstances : la marche, la méditation, la musique, la danse Tandava enseignée par Daniel Odier par exemple … Pourtant, il me semble que la dimension « toucher » a une valeur particulière. Dans ce contexte si spécifique où la personne qui donne la séance sait qu’elle est la terre, donc en dehors du chemin, peut s’installer une forme d’abandon. S’abandonner au mouvement de la vie. Le praticien s’abandonne au mouvement de la vie et par résonance, la personne qui reçoit la séance commencera de s’abandonner à ce mouvement (s’abandonner dans le sens : se livrer en toute confiance). Je suis toujours émue d’être témoin, dans chaque atelier, dans chaque rencontre, de comment l’énergie du groupe se modifie dès que la pratique commence. Ce bain d’espace qui devient un lac, une mer, un océan … Pour terminer Est-ce raisonnable de terminer par une question ? Ou est-ce ce merveilleux humour de la Vie ? Questionnons donc un mot : pratique. Il me semble qu’il y a deux sortes de pratiques : la pratique pour obtenir quelque chose et la pratique qui permet la présence. La première est liée au désir du mental de réaliser un but précis, la seconde, qui permet de s’abandonner au mouvement de la vie, qui permet l’ouverture vers l’inconnu. Ayant cela en tête et/ou en coeur, la forme que va prendre la pratique va dépendre de la sensibilité de chacun, chacune. Pour ma part, la forme proposée par Gaston Saint-Pierre me comble. La partager m’enseigne. « La pratique est le meilleur des enseignants » Gaston Saint-Pierre « Ne croyez pas ce que je vous dis, expérimentez-le. » Gaston Saint-Pierre. « Vous êtes ce que vous cherchez, alors, soyez. » Gaston Saint-Pierre Janick Noverraz 24 mai 2022

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"Comment vivre sans inconnu devant soi."

René Char

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Rencontre

Il a plu. La porte est ouverte. La menthe, éloignée du romarin, reprend vie. En bas, les moineaux piaillent à la terrasse du café. Un enfant traverse la place en trottinette. Il fait doux. C’est un samedi après-midi. Un samedi de juillet.

Je trie des notes. Sur un fragment de papier, Krishnamurti. « En chacun d’entre nous repose le monde entier et si vous savez comment regarder et apprendre, alors la porte est devant vous et vous en possédez la clé. Personne sur terre ne peut vous donner ni la clé ni la porte à ouvrir, excepté vous-mêmes. » (You are the world)

Une clé ? Une porte à ouvrir ? Pour aller où ? Pour découvrir quoi ?

Quel étrange destin que celui des humains. Souvent toute une vie à la recherche de chemins qui mènent à la Source que l’on n’a jamais quittée. Ah ! Le regard des nouveau-nés ! Le regard de « ceux qui savent encore » a dit je ne sais plus qui. L’emprunte, le souvenir encore présent qui s’estompera peu à peu.

A l’instant de la conception, il y a cette émergence d’un nouvel être, une précipitation dans le temps, l’espace, la matière. Pseudo-coupure brutale avec la Source. Changement de milieu. Passage d’un possible, d’un potentiel, à une manifestation précise. La coupure entre les deux mondes existe-t-elle ?

Quelle est la nature de la clé qui va permettre d’ouvrir la porte ? Est-il possible de retrouver, de percevoir le lien, la non-séparation ? Serait-ce, sur le plan de la conscience individuelle, le but ultime d’une vie humaine ?

Lorsque nous parlons de métamorphose, de transformation, de quoi parlons-nous ? Nous disons : « Lorsqu’il y a métamorphose, le regard porté sur le monde se transforme. » La chenille ne peut échapper au mouvement qui la conduit vers le papillon. Ce même dynamisme nous pousserait-il, de transformation en transformation, de porte en porte, vers un retour conscient à la Source ?

« Personne sur terre ne peut vous donner ni la clé ni la porte à ouvrir excepté vous-mêmes. » Mais serait-il possible d’apprendre à apprendre ? D’apprendre à regarder ? D’apprendre à être ?

La métamorphose, la transformation implique la notion d’environnement. Autour de nous, pour une chenille, cet environnement sera le cocon, pour une graine, la terre. Pour l’être humain que nous sommes, une forme d’environnement particulièrement adéquat sera présente lors d’une séance où aucune direction donnée ne vient perturber le dynamisme de la Force de vie.

Gaston Saint-Pierre encourageait à tout questionner, à ne rien laisser au repos. Bel exercice qui me pousse avec humour à me demander, après 35 ans de pratique : « Mais qu’est-ce qu’une séance de Métamorphose ? » Posés sur la balustrade du balcon, deux moineaux sont témoins du vide confus qui envahit mon cerveau. Trop d’éléments se précipitent en même temps, s’entremêlent, se tissent. Cerveau droit et cerveau gauche vont devoir collaborer ! Combiner la linéarité du mot à mot avec la globalité de l’information.

Qu’est-ce qu’une séance de Métamorphose ? 
Une rencontre. Une rencontre sur différents plans. Rencontre de deux personnes. (de soi et de soi si on se donne une séance) Rencontre de deux champs énergétiques. Rencontre dans un espace catalyseur (aucune direction donnée, aucun programme, aucune attente). Grâce à cette qualité d’espace, à cet environnement, rencontre entre le manifesté et le non-manifesté, entre les notions de « dans le temps, l’espace, la matière » et « hors temps, espace, matière ». Rencontre entre « qui est la personne en ce moment » et « ce qu’elle est en potentiel ». Rencontre entre l’essence et comment cette essence se manifeste aujourd’hui.

Une petite voix me dit en se moquant gentiment : « Tu vas où l’amie comme ça ? Tu pourrais être plus concrète ? » Je vais boire un verre d’eau. Une mouche se balade sur la vitre. Les nuages sont magnifiques. Ce matin, il y a eu le marché, les fruits, le pain, les gens. La guerre, la peur, la faim aux infos, mais aussi les joies, les regards, un geste de la main. Ces manifestations de la Vie qui s’incarne de toutes les façons possibles.
« En chacun de nous repose le monde entier. » Et chacun.e d’entre nous incarne la Vie d’une façon unique.

J’incarne la Vie d’une façon unique. Ai-je une responsabilité ? Je peux vivre cette vie sans me poser de questions, comme la chenille, comme la graine. Un processus de transformation sera à l’œuvre sur un certain plan, de la conception à la mort. Je peux manger, boire, dormir, me reproduire, défendre mon territoire, les valeurs de mon clan etc… Je, je, je …
Mais quelle est la nature de ce « Je » ? De quoi est-il l’expression ?

L’être humain a cette particularité d’être conscient qu’il est conscient. C’est-à-dire que son esprit est capable de réflexivité. Il peut dire : je suis triste, je suis heureux, j’ai mal à la tête… Il est capable d’abstraction, de créer et d’utiliser des symboles. Notre fonction mentale est complexe, les neurosciences soulèvent lentement le voile. Tenons-nous en à une description très simple, à deux aspects de notre fonction mentale, ce que je nomme l’aspect contrôleur et l’aspect passeur-traducteur.

Le contrôleur est complètement immergé dans le manifesté, dans la matière. Il va s’occuper du quotidien matériel, émotionnel. Il travaille dans la linéarité : il analyse, cherche les causes. Il va trier, classer les informations, gérer, en somme. Il n’aime pas ce qui dérange ses habitudes. Il se méfie de l’inconnu. Or, une métamorphose, c’est une plongée dans l’inconnu !
Le passeur-traducteur est un pont en lien avec le non-manifesté, le monde des potentiels. Il baigne dans la globalité : il reçoit les flashs, les intuitions, il perçoit les synchronicités. Il est ouvert à l’inconnu.

Nous n’échappons ni à l’un, ni à l’autre. Et nous avons besoin des deux. Ils sont liés, tissés comme les deux brins d’ADN. Le passeur reçoit l’information, le contrôleur l’intègre dans la matière du mieux qu’il peut, avec plus ou moins de réticence. En général, lorsque l’on parle du mental, on se réfère au contrôleur qui prend trop de place et qui freine.

Alors ce « je », où se situe-t-il ? De quoi est-il l’expression ? Serait-il la manifestation de ce jeu mental ?

Surgissait la question : ai-je une responsabilité ? Dès qu’il y a perception, conscience de la danse entre qui je suis et ce que je suis en potentiel, OUI, il y a responsabilité.
Je ne peux plus ignorer ce dynamisme qui conduit la forme que je suis vers son expression la plus complète.
Ma responsabilité est d’aller avec en conscience. Freiner le moins possible. L’image du tissu, du tissage m’habite. Cette métaphore me permet une vision de la Source qui danse, joue, s’exprime, se manifeste aussi bien dans le monde de tous les potentiels que dans le monde du manifesté. La Source s’amuse, elle est arbre, humain, joie, peur, granit, galaxie etc…

Le monde des potentiels, du non-manifesté est la matrice universelle qui contient tous les possibles. Le monde de notre essence, de notre note « Mère ». Cette note chantant à chaque instant d’une façon précise, reflétant notre niveau de conscience du moment. Lorsqu’il y a métamorphose, une nouvelle harmonique se manifesterait-elle ?

Ma responsabilité, en tant qu’être conscient d’être conscient serait-elle en relation avec une décision d’être vraiment présente, d’être enracinée complètement dans cette vie ?
Ne pas freiner le dynamisme qui me conduit vers… Être comme une algue au fond de la mer, enracinée tout en étant bercée par la vague.

« Apprendre à apprendre, apprendre à regarder »
Une nouvelle fois, je suis émerveillée par le cadeau que nous a fait Gaston Saint-Pierre : sa définition du détachement dans la pratique. Noter les faits, reconnaître leur présence, les laisser être. * (Souvenons-nous, dans ce contexte, un fait est toute perception intérieure ou extérieure, donc un fait sera subjectif et légitime) Tout ce que je vis serait-il au service du processus d’incarnation ?

Non, je ne peux plus ignorer ce dynamisme qui conduit la forme que je suis vers son expression la plus complète. « Plus tu plongeras loin dans le temps, l’espace, la matière, plus l’élan sera fort vers la Source » me souffle la petite voix taquine. Cette fois, ce n’est pas moi qui ne suis pas très concrète… La Vie me propose sans cesse des situations (vécues comme agréables et/ou difficiles) que je percevrais selon mon niveau de conscience, ces perceptions, donc mes faits, seront notées, reconnues, laissées être.

« Laisser être » mystérieux sésame. Détachement, matrice d’amour. Le cœur s’emballe. Mariage entre ce que je suis dans l’instant et ce que je suis en potentiel. Processus alchimique. Le cordon ombilical avec la Source est non seulement perçu mais aussi accepté. Le contrôleur devient curieux, abandonne peu à peu ses craintes face au nouveau. C’est comme s’il devenait de plus en plus léger, de plus en plus aérien, permettant une forme de présence dense, si dense.

Ok dit la petite voix, mais qu’en est-il de la personne qui demande une séance et qui ne s’est pas posé toutes ces questions ?
Elle demande. Inconsciemment, elle recherche une qualité d’environnement, une part d’elle ne veut plus mettre de frein. Le dynamisme l’habite et la pousse.
Il nous habite et nous pousse avec persévérance, sans relâche.
 

Il est 18 heures. Les olives, le fromage, le vin, tout est prêt. Les amis arrivent bientôt. Il y a gratitude.

 

*Définition du détachement : p 32-34 dans « métamorphose, principes universels »
Janick Noverraz, Editions Aluna

 

Juillet 2025

Cet article a été écrit le : 23 octobre 2025

Que « fait » la terre ?

La pratique de la métamorphose n’est pas une thérapie.
Elle échappe donc à une classique description scientifique.

Alors comment en parler ?

Derrière cette pratique, il y a l’intérêt pour la notion de transformation. Non dans le sens d’évolution mais dans le sens de révélation de quelque chose qui est déjà là. La rencontre avec l’essence.

Mon regard suit cette graine de pissenlit portée par le vent… Une graine légère, harmonieuse, parfaite…
Pourtant, elle peut devenir autre chose, une plante bien précise déjà inscrite au sein de ses cellules.  Pour que cela se produise deux conditions sont nécessaires : la graine doit être vivante et elle doit rencontrer un environnement adéquat, la terre. Dans cette rencontre, que « fait » la terre ? La terre est présente mais n’a aucun projet, aucune intention vis-à-vis de la graine.

Le praticien est la terre: en établissant un contact du bout des doigts avec certaines parties du corps, il sert d’environnement. Il n’a aucun projet, aucune attente. Il sait que la direction est déjà là, au sein des cellules de la personne et que la force de vie de cette personne, guidée par son intelligence innée est seule à même de mener à la transformation.

Le praticien est la terre, cette métaphore va permettre au mental de ne pas s’égarer, de rester simple, de revenir facilement vers l’essence de cette approche tout en restant conscient de la complexité infinie de la Vie.

Quel est le rôle d’une métaphore ? Montrer une porte, une entrée possible vers l’inconnu.
J’aimerais citer David Bohm :
« Cet usage caractéristique du mot « est » pour réunir des choses si différentes ou même incompatibles semble au premier abord engendrer un paradoxe … La première impression que procure la mise en équation poétique de deux termes très différents est une sorte de tension, de vibration intellectuelle, un état élevé d’énergie où se produit de façon non verbale une perception créatrice du sens de la métaphore. » (« La conscience et l’univers » p 36)

Parler de l’essence, c’est flirter avec la notion de sacré. Quels mots utiliser ?
Les mots créent, les mots séparent, ils ouvrent ou ils ferment, « ça » flue ou « ça » se fige.

Avec cette approche, nous explorons les frontières dualité-unité.
Les physiciens explorent eux aussi les frontières de notre représentation du monde. Ils rencontrent les mêmes problèmes de langage.
J’aime citer Niels Bohr : « Nous devons nous rendre compte que nous ne pouvons-nous servir ici que du langage à la manière des poètes. »
Ou l’astrophysicien Michel Cassé : « Ces mots -trou noir etc…- ne veulent rien dire. Ils procèdent de très vagues analogies. Mais il faut bien parler, écrire avec des mots, même si ces mots sont limités et inexacts. »

Donc, les mots sont nécessaires. Les analogies, les métaphores.

Les physiciens ont les mathématiques à leur disposition pour partager leurs ultimes intuitions. C’est à dire le monde des symboles, domaine du Principe de la Correspondance.

Et puisqu’il faut bien quelquefois non seulement pratiquer mais parler, nous, nous avons le langage des poètes, c’est à dire aussi le monde des symboles, domaine du Principe de la Correspondance.

Lorsque j’ai votre pied entre mes mains, je suis simplement la terre présente.

Cet article a été écrit le : 08 décembre 2022

Questionnement

Un questionnement multiple m’a été récemment proposé : Quel sens donné à la pratique ? L’enseignement de la philosophie de la métamorphose, de son application au quotidien, n’est-ce pas un enseignement du lâcher prise ? Je pense qu’on peut aller seul vers cet état avec l’appui ou non de cette philosophie, d’où l’enseignement de l’autonomie en quelque sorte.


Je remercie vivement cette personne car, d’une part, répondre m’a demandé de trouver les mots qui traduisent le plus fidèlement ce que je ressens au plus profond de moi, de mes cellules et d’autre part, ces questions ont permis un riche échange au cours d’une rencontre de groupe par rapport à la première partie du questionnement.


Le sens de la pratique

Ce qui nous intéresse dans cette approche est la métamorphose, la transformation.
Rappelons-nous : la métamorphose est un mouvement de vie à l’intérieur d’un dynamisme précis. Ce mouvement est ordonné, naturel, inconscient, il ne demande aucun effort.
Immédiatement, nous sommes confrontés à la notion d’environnement. Si nous avons en tête l’image de la chenille, l’environnement nécessaire à sa métamorphose sera la chrysalide, pour le gland, ce sera la terre, pour nous, la métamorphose, concernant notre conscience, l’environnement nécessaire sera l’espace sans direction donnée. Une séance est donc un moment privilégié où un environnement adéquat est à disposition.

Quand je demande une séance, j’éprouve la nécessité d’être plongée dans cette qualité d’environnement ; quand je donne une séance, le détachement (noter les faits, les reconnaître, les laisser être) m’y fait plonger aussi.
Une séance est un moment privilégié où l’on s’offre l’opportunité de s’ouvrir à l’inconnu, au mystère. Donner une séance, c’est accomplir un rituel. Un rituel, tout comme un symbole, est un lien, un pont entre deux dimensions. Un rituel est un processus qui englobe des gestes et une focalisation du mental. Aussi, lorsque je donne une séance, je n’ai pas l’impression de devoir « faire quelque chose avec quelqu’un », c’est plutôt, une communion avec la Vie. Cette sensation s’accentue au fur et à mesure que ma compréhension du Principe de la Correspondance s’affine.

Bien sûr, cette opportunité, je me la donne chaque fois que je reste avec mes propres faits dans la vie quotidienne, mais j’éprouve le besoin, régulièrement, de recevoir des séances (je rappelle qu’on peut s’en donner soi-même) car plus j’avance dans le temps, plus je sens à quel point le corps est important. Comme si cette concentration de matière qu’il semble être, permettait de plonger au plus profond du mystère. Le toucher apporte une dimension, à mes yeux, essentielle : il nous connecte au ressenti, au cerveau droit, au féminin, au global ; sans le toucher, l’abstrait, la recherche mentale prendrait rapidement le dessus. Laisser son pied à quelqu’un ou recevoir le pied de quelqu’un, dans ce contexte, il y a une sensation particulière, comme si, dans cet espace sans direction imposée, la non-séparation devenait proche d’être perçue.
Effleurer dans le détachement (j’insiste toujours : selon la définition de Gaston Saint-Pierre), permet, à mon sens, d’être conscient de la spiritualisation de la matière et de la matérialisation de l’esprit, ce grand jeu entre manifesté et non-manifesté.

Le lâcher prise

A travers cette approche, nous contactons en effet ce qu’on appelle le « lâcher prise » mais ce n’est qu’une petite partie du phénomène, la partie qui concerne le mental, c’est le « laisser » de la définition du détachement. Au-delà il y a « être » qui permet au potentiel de se manifester. Nous sommes dans le non-agir qui n’est pas ne rien faire.

Aller seul vers cet état

Peut-on parler ici d’un état ? Le mot « état » implique quelque chose de statique. Or, dans cette notion de métamorphose, il y a le Souffle de la vie qui nous pousse vers la découverte de notre essence. Inviter le mental à rester à sa place est une façon d’être. La pratique du détachement : noter un fait, le reconnaître, le laisser être, devient un art de vivre. Il y a cet incroyable dynamisme au coeur des deux verbes laisser et être. Être qui nous relie dans la verticalité au monde des potentiels, de l’unité. Et c’est cette reliance qui s’installe très fortement au cours des années. Plus cette reliance est perçue, moins le mental est inquiet, plus il devient curieux.

Quelle est la place de l’autonomie dans cette approche ?

D’abord, c’est la seule autorité reconnue, l’autonomie de la personne. Aller, fluer avec ce mouvement qui nous pousse, à travers les métamorphoses successives, vers l’être complètement réalisé que nous sommes déjà en potentiel, est de notre seule responsabilité. Lorsque je demande une séance, est-ce que j’abandonne mon autonomie ? Non, mais quelque chose en moi cherche une qualité d’environnement où justement, cette autonomie, cette autorité intérieure pourra se déployer en toute liberté. Et « JE » peux me donner une séance ! Et n’oublions pas, lorsque je donne une séance, étant dans le détachement, je profite aussi de cet espace si spécial.
Ce « bain d’espace » peut peut-être se vivre dans d’autres circonstances : la marche, la méditation, la musique, la danse Tandava enseignée par Daniel Odier par exemple … Pourtant, il me semble que la dimension « toucher » a une valeur particulière. Dans ce contexte si spécifique où la personne qui donne la séance sait qu’elle est la terre, donc en dehors du chemin, peut s’installer une forme d’abandon. S’abandonner au mouvement de la vie. Le praticien s’abandonne au mouvement de la vie et par résonance, la personne qui reçoit la séance commencera de s’abandonner à ce mouvement (s’abandonner dans le sens : se livrer en toute confiance).
Je suis toujours émue d’être témoin, dans chaque atelier, dans chaque rencontre, de comment l’énergie du groupe se modifie dès que la pratique commence. Ce bain d’espace qui devient un lac, une mer, un océan …

Pour terminer

Est-ce raisonnable de terminer par une question ? Ou est-ce ce merveilleux humour de la Vie ? Questionnons donc un mot : pratique.
Il me semble qu’il y a deux sortes de pratiques : la pratique pour obtenir quelque chose et la pratique qui permet la présence. La première est liée au désir du mental de réaliser un but précis, la seconde, qui permet de s’abandonner au mouvement de la vie, qui permet l’ouverture vers l’inconnu. Ayant cela en tête et/ou en coeur, la forme que va prendre la pratique va dépendre de la sensibilité de chacun, chacune.


Pour ma part, la forme proposée par Gaston Saint-Pierre me comble.
La partager m’enseigne.


« La pratique est le meilleur des enseignants » Gaston Saint-Pierre
« Ne croyez pas ce que je vous dis, expérimentez-le. » Gaston Saint-Pierre.
« Vous êtes ce que vous cherchez, alors, soyez. » Gaston Saint-Pierre


Janick Noverraz
24 mai 2022

Cet article a été écrit le : 07 décembre 2022

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